Fanny Goiffon expose ses toiles habitées à l'Espace E-maj

Article d’Emmanuel Dufour paru dans « Toutes les Nouvelles » le 18 Oct 2023

 

En 2000, pendant 8 mois, Fanny Goiffon alors tout juste âgée de 25 ans, a parcouru les grandes métropoles de la planète pour y planter ses installations.
Pas n’importe où, des œuvres posées exclusivement dans des stations de métro pour ce périple financé par des
mécènes dont Alstom.
Fanny dans le métro s’est arrêtée à New York, Mexico,
Rio, São Paulo, Hong Kong,
Calcutta.

 

La nature
Des œuvres qui interagissaient entre elles, « pour défendre ce mode de transport urbain », dit l’artiste, en pointe avant l’heure sur l’écologie des transports.
Fanny Goiffon s’installe cette fois-ci au centre socio-
culturel de Bailly-Noisy Emaj à partir d’octobre. Un lieu qu’elle
connaît bien pour y enseigner les arts plastiques.
« J’aimerais présenter en pièce maîtresse une grosse racine qui flotterait dans les airs, accrochée au plafond de l’espace central, à la manière d’une canopée inversée »,
annonce l’artiste. Comme dans le métro, l’ar-
tiste ouvre ses possibles à toutes sortes de supports, textiles de
récupération, tableaux recyclés, plaques de bois, de placo, et
met beaucoup d’énergie à collecter des pigments destinés
au rebut qui constituent quasi exclusivement sa palette.
Apprendre à vivre « Je collecte les pots
d’acrylique, de préférence, qui encombrent les fonds de
garages », révèle-t-elle.
Une vingtaine de toiles seront présentées à Emaj. Fanny Goiffon oscille entre peinture académique et street art.
Sa façon de travailler, nerveuse, au travers de larges aplats, avec brosses, rouleaux, couteaux, la fait tendre vers l’art urbain.
Au travers d’un travail qui pourrait s’inspirer de celui de Munch, elle y déclame des corps, parties de corps, la nature aussi, dans une idée d’acceptation de l’autre, d’ouverture à la vie, à la nature,
une écriture presque prière, pour que les être apprennent
à vivre ensemble.« À commencer par apprendre à vivre en harmo-
nie avec soi-même, à s’accepter », pose-t-elle en préambule.
Naître, vivre, renaître, une inspiration puisée par l’artiste
dans les tréfonds de sa vie qu’elle livre comme un témoi-
gnage qu’elle voudrait contagieux.

 

• Emmanuel FEVRE
■ Du 26 octobre au 16 février,
Emaj 24, chemin du Cornouil-
ler, à Noisy-le-Roi. Du mardi
au vendredi de 10h à 12h30
et de 14h à 19h, le samedi
de 14h à 19h, entrée libre.
Vernissage le 26 octobre à
partir de 18h.